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Stratégie et objectifs du portefeuille Patrimoine

14/06/2009 - Protection contre l’inflation et valorisation du patrimoine

Ma stratégie d’investissement pour devenir rentier en moins de dix ans : allocation stratégique, sectorielle et opérationnelle.

Le portefeuille Patrimoine est géré comme un fonds mixte international équilibré avec une forte diversification. Sa devise est l‘€.

Chaque mois j’y investis mon épargne, et y réinvestis les revenus de mes investissements.

Objectifs de gestion

  1. Préservation du capital à l’inflation
  2. Valorisation du capital
  3. Faible volatilité
  4. Rendement
  5. Liquidité

Allocation

Stratégique

  • Diversification entre monétaire, obligataire, actions et immobilier
  • Diversification sectorielle et géographique
  • Aucune classe d’actifs ne doit dépasser environ 50% du portefeuille
  • L’exposition maximale aux devises hors € est d’environ 50%

Sectorielle

Les secteurs acycliques à forte prédictibilité, seront privilégiés : télécommunications, biens de consommation [non durables], services aux collectivités, santé, énergie et foncières cotées.

Opérationnelle

  • L’exposition maximale a une action est d’environ 15% avec rééquilibrage si nécessaire.

Univers d’investissement

Actions

  • Investissement en direct, pas de FCP ou SICAV
  • Sociétés cotées depuis au moins dix ans et avec de “nombreux” échanges quotidiens
  • Flottant élevé, aucun actionnaire ne détient plus de 50% du capital
  • Pour les entreprises cotées hors €, elles doivent idéalement avoir une présence internationale

Obligations

  • Au travers des fonds Euros dans le cadre fiscal avantageux de l’assurance-vie
  • Pas d’investissement en direct : imposition trop défavorable

Monétaires

  • Au travers de livrets (A, CEL, PEL…)

Immobilier

  • Au travers de foncières cotées et SCPI
  • Pas d’investissement physique en direct

Rééquilibrage d’actifs

  • Peu d’arbitrage d’actifs, couteux fiscalement
  • Rééquilibrage progressif chaque mois en fonction de l‘épargne mensuelle

Stratégie fiscale

  • Aucun investissement défiscalisant, la défiscalisation compense rarement la rentabilité médiocre
  • Si l’imposition augmente dans des proportions qui rendent le projet irréalisable, expatriation

"C’est quand la mer se retire que l’on voit ceux qui se baignent nus." – Warren Buffet

 

8 commentaires

France
jmcornet
14/06/2009

Bonjour Philippe,
le billet d’aujourd’hui se corse !!
En retour et dans le souci de croiser nos expériences, je vous livre ma propre stratégie.

1/ Je vise le rendement. C’est en théorie la motivation de tout actionnaire. La fiscalité n’est pas très agréable mais elle a le mérite d’être payée pas après pas, plutôt que de reporter à des lois de finance lointaines des profits sans savoir à quelle sauce ils seront mangés.

2/ Je place Franco-Français. La fiscalité est plus avantageuse (j’avoue avoir alluciné sur un coupon Dexia imposé à 26% en Belgique, le solde prélevé de 11% en France, le brut étant injecté dans mes revenus imposables). Par ailleurs, d’un point de vue idéologique, je suis scandalisé de l’état d’esprit Français qui considère que la bourse est pour les nantis spéculateurs qui font de l’argent sur le dos des travailleurs. Conclusion, la France n’a pas de culture de l’actionnariat et ce sont les étrangers qui possèdent les actions de nos entreprises. En d’autres termes, les dividendes partent à l’étranger !! Ma participation est de capter la meilleure part des profits des entreprises Françaises. J’y tiens.

3/ Etant concentré sur le rendement, je ne m’intéresse que de loin aux cours. Les fluctuations de cours, à 90% emmenées par la spéculation, ne sont que des aubaines pour entrer sur une valeur qui présente de fait un bon rendement, ou sortir d’une valeur au profit d’une autre plus rentable. Au quotidien, je me réjouis du rendement interne (par rapport à mon PRU) de chacune de mes lignes. Toutefois, je pointe bien évidemment ma performance globale (valeur du portefeuille) pour la comparer au CAC40, indice de référence. J’aimerais bien, au vu du temps à consacrer à ces affaires, que ma stratégie soit payante sur le long terme, i.e. qu’elle surperforme l’indice, sinon l’investissement en Bourse devient un loisir onéreux au même titre que le golf…

4/ Le rendement élevé de certaines actions par ailleurs très sures, implique que je suis investi à 100%, sauf aberration irrationnelle des marchés type bulle de 2000 où les rendements étaient tombés vers 1%.

5/ La sélection des valeurs.
Je recherche des titres dont la visibilité est bonne, dont je comprends le positionnement, qui sont sur des marchés porteurs. J’observe le ratio d’endettement, la progression du chiffre d’affaires, la récurrence du dividende, le taux de distribution (gage de marge de manoeuvre en cas de baisse ponctuelle de profits, pour continuer à servir un dividende), et les raisons que l’on peut trouver à des cours plutôt bas (qui impliquent le fameux rendement élevé). Ces titres entrent dans ma sélection sous observation.

6/ Je me limite à un petit nombre de lignes. Suivre 20 à 25 titres me semble très lourd, et j’ai pu observer fut un temps, qu’au-delà d’une quinzaine de lignes, on réplique statistiquement la performance du CAC40, diminuée des frais de gestion (courtage, garde, impôts). Lorsque je touche un dividende, je souhaite le réinvestir. En-dessous de 500 €, le courtage est vraiment dissuasif, c’est pourquoi, avec un rendement net de 5%, une ligne de moins de 10.000 € me laissera un reliquat non réinvestissable. J’essaye donc de gérer des lignes de 10.000 € minimum. Actuellement, je gère 7 lignes, de montants très différents (rapport 1 à 4). Je m’astreins à ce qu’aucune ligne ne dépasse 25%, sans pour autant arbitrer si conjoncturellement je franchis le seuil. J’évite les doublons de valeur sur un même secteur.

7/ Tant que les prévisions sont conformes à mes objectifs, je me réjouis de percevoir les dividendes. C’est pourquoi je n’ai pas de motivation particulière à changer régulièrement de valeurs. Toutefois, les fluctuations de cours et les révisions de profits à venir, peuvent m’inciter à un arbitrage. Voici comment : je calcule à tout instant le rendement moyen sur les 2 ans à venir (le cours du jour, un coupon pour l’année en cours supposé être réinvesti et donc venir en diminution du cours, un coupon sur l’année suivante rapporté à un cours ainsi diminué). Je compare ce rendement “d’avenir” pour plusieurs titres pré-sélectionnés (point 5) et dans le cas où je constate un écart de1% à 2% entre un titre que je possède et un qui attend, je change de monture. En général, ce phénomène se produit lorsqu’une de mes lignes se valorise par une montée soudaine du cours, ce qui fait que la ligne augmente en volume même après l’arbitrage. C’est le moyen le plus efficace pour augmenter la rentabilité globale du portefeuille.

8/ Plan à long terme.
Je me suis calculé un plan à 20 ans sur le principe d’une épargne annuelle à investir, et un objectif d’augmentation annuel des coupons en volume (6.5% de plus chaque année). Ceci m’amène à des revenus confortables en complément de retraite. A ce jour, je suis un peu en avance sur le plan.

9/ Evaluation.
J’observe plusieurs paramètres :
- la performance comparée au CAC40. A long terme, j’espère le plumer, même si les fluctuations quotidiennes sont assez ésotériques (les valeurs de rendement sont plutôt défensives, donc montent moins sur les grosses séances de hausse).
- le rendement du capital. J’investis une certaine somme issue de mes économies, elle me rapporte des dividendes sur l’année, le calcule ainsi le rendement net (après prélèvements sociaux et impôt sur le revenu) que je peux comparer à l’OAT 10 ans, autre benchmark qu’il serait désespérant de sous-performer, auquel cas je me mets au golf).

10/ Savoir se couper un bras.
Tout ceci est bien gentil, mais il faut savoir gérer certaines descentes aux enfers. Après les deux années que nous venons de passer, cette réflexion est d’actualité. J’ai souvenir de RNO, qui vantait sur son site son attachement à distribuer des revenus sans cesse croissant, et allait même jusqu’à indiquer comme quasi-sûr un coupon de 6.40 € pour 2008 à verser en 2009. Puis les révisions se sont succédées pour aboutir à une suspension du dividende sine die.
Ce point est sans doute le plus délicat : à quel moment, dans une conjoncture qui évolue, il convient de quitter le navire ? Pifomètre, affect, etc. Je n’ai pas de recette.

Mon portefeuille aujourd’hui : ABCA et UL représentent 26% chacun; FTE pour 18%, le reste réparti entre VIV, VK, GSZ, et THEP. Je compte quitter VK prochainement car le diviedende est annoncé en repli pour les deux années à venir, même si je trouve le consensus très pessimiste sur cette valeur de qualité.

L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
14/06/2009

Bonsoir Jean-Marc,

Je comprends très bien votre logique, en gros vous achetez une action comme une rente future, un peu comme une obligation à durée illimitée : vous achetez XX € le fait de recevoir Y € ou plus chaque année “à vie”.

Nos stratégies sont assez proches, sinon que vous vous limitez à la France (d’ailleurs, nous avons plusieurs valeurs en commun).

Dans certains pays d’Europe, les coupons sont imposés de la même façon qu’en France (abattement de 40%) et le prélèvement à la source donne droit à un crédit d’impôt, donc c’est fiscalement intéressant. C’est aussi le cas des foncières aux US !

Sur le fait d’avoir un portefeuille concentré et être investi à 100% pour toucher des dividendes qui sont réinvestissables de par leur montant, j’étais aussi dans le même esprit en 2007 et 2008, mais la crise m’a rendu plus “prudent”.

Unibail-Rodamco sur laquelle j’avais une grosse ligne à un PRU de 125 est quand même descendu à 88… On a beau croire en la valeur sous-jacente, j’étais blanc en voyant les chiffres de mon portif sous Excel…

France
jmcornet
15/06/2009

C’est effectivement à peu près ça, à quelques différences près :
- une obligation rapporte un taux fixe, je vise des actions qui ont un dividende en augmentation;
- les cours des actions fluctuent beaucoup, ce qui permet de renforcer ou changer de monture, élément essentiel de l’augmentation de la rentabilité globale;
- le risque que ça ne marche pas n’est pas mince !

S’agissant d’UL, j’ai suivi la même descente, et je me suis renforcé à chaque fois que j’ai pu. A aucun moment le marché n’a douté séruieusement de la capacité à distribuer 7.50 en 2009 et 8.00 en 2010, ce qui en faisait une opportunité. N’oubliez pas que votre PRU perd ~8 € par an, ce qui rend l’opération nécessairement gagnante sur le LT. Aujourd’hui mon PRU est de 101.8, et je réinvestis chaque trimestre…
Bonne continuation.

France
jmcornet
16/06/2009

Autre réflexion qui me vient : pourquoi je préfère le Franco-Français, outre les aspects fiscaux (discutables j’en conviens). J’essaye pour chaque valeur d’apprécier son positionnement. Je peux le faire sur le marché français que je pratique tous les jours. La très grande majorité des sociétés de droit français ont la France comme premier terrain commercial. Exemple : lors de mon dernier rdv chez l’ophtalmo, celui-ci m’indique que mes yeux commencent à fatiguer et il me prescrit des verres “confort” d’Essilor. Je me dis en sortant “tiens voilà une boîte qui est positionnée sur un marché avec un bon appui de la profession médicale”. J’arrive chez mon opticien qui m’explique que les verres Essilor c’est bien beau mais que la sous-marque X fait les mêmes verres pour moins cher et que si j’accepte le déclassement, il peut m’offrir pour le même prix une paire de solaires…
La pratique quotidienne de nos entreprises aide l’investisseur à capter les entreprises porteuses, ça me semble beaucoup plus dur pour les valeurs internationales.

L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
18/06/2009

Bonjour,

Oui, c’est ce que recommandait Peter Lynch aussi.

Si les sociétés cotées sur Euronext France réalisent une part de leur CA en France, elle me parait de + en + marginale (sur les valeurs du CAC40).

Essilor fait par exemple “seulement” 44,3% de son CA en Europe.

Donc du coup, je ne sais pas si un raisonnement par induction à du sens, même s’il est rassurant.

Toutefois, je me suis penché sur Glaxosmithkline après avoir vu toutes les affiches pour le médicament Ali !

France
Robin des Bonds
08/07/2009

Bonjour Philippe,

Je partage les mêmes objectifs : obtenir des rentrées d’argent régulières avec des titres… mais principalement avec des obligations !
Cependant, je suis moins intéressé par la fréquence (mensuelle et trimestrielle) que par le rendement !

Il est vrai qu’un portefeuille d’obligations peut être tourné de sorte à permettre d’étaler les revenus tout au long de l’année, ce que ne permet pas forcément un portefeuille d’actions majoritairement à détachement annuel autour d’avril-mai.

Mais j’ai cru comprendre que vous n’étiez pas retraité, et que votre activité professionnelle couvrait vos besoins de base. Dès lors, n’est-ce pas une erreur de se cantonner sur les flux perçus ? Psychologiquement confortable, mais fiscalement défavorable… Ne vaut-il mieux pas jouer la capitalisation, fiscalement plus intéressante ?

Concernant le “marked to market”, dictature dont nous essayons de nous éloigner pour nous concentrer sur les flux perçus, l’investisseur obligataire est assuré d’une convergence vers le cours de remboursement au fur et à mesure du temps, alors que l’actionnaire ne dépend que du bon vouloir du marché, qui peut se tromper. C’est cet aspect que je préfère dans les obligations, et qui compense, malgré moi, leur fiscalité plus défavorable que celle les dividendes (du moins pour les coupons distribués, mais le rendement peut aussi venir de la convergence au pair).

Je pourrais parler des heures sur le sujet, alors je dis simplement pour conclure :

Bravo pour la qualité de ce message et pour la qualité des commentaires qu’il a entraînés !

Je vais suivre blog avec attention et rajouter un lien sur le mien !

Robin des Bonds.

L'investisseur heureux : devenir rentier
Philippe
08/07/2009

Bonjour !

Je vous réponds point par point :

Pour les dividendes actions, en panachant avec des actions étrangères et en particulier US (dividendes trimestriels), il est possible de recevoir un flux mensuel bien qu’irrégulier dans son montant.

Sur le fait de privilégier les flux à la capitalisation alors que je ne suis pas retraité, ce qui est fiscalement inintéressant, vous avez raison (je paye déjà une “fortune” en IR avec mon activité principal et les dividendes se rajoutent encore !), c’est pour cela que j’inclus aussi dans mon portefeuille quelques titres “de croissance”, comme PEPSI.

Je suis “anti-obligations” car l’inflation me fait peur et que la plupart des obligs ne sont pas indexés dessus, que la fiscalité est ultra-défavorable et qu’enfin elles sont souvent mal gérées par les brokers. Mais votre blog que je découvre va peut être me les faire mieux connaitre et me les faire apprécier à leur juste valeur !

Excellente journée, FP

Spain
Pi
13/07/2009

bonjour
bravo pour la rationalité de votre approche; personnellement, n ayant pas de dépenses en devises étrangères j exclu les investissements hors zone euro; je reconnais que les investissements en actions (surtout pour les multinationales) limitent des fluctuations de devises néfastes à une gestion au long cours

un mot sur les obligations:  les coupons “cms10y” c est à dire indéxés sur les taux longs, s ajustent à la remontée des taux longs poussés par la hausse de l inflation; il existe quelques supports de dette subordonnée bancaire et assurance de premier plan qui combine protection contre l inflation et rendement élevés , même après 30% de retenue à la source (cnp, axa, bfcm etc)


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