E.ON
France Telecom (FTE) se paye actuellement 9,16 fois ses bénéfices 2008 et GDF-Suez (GSZ) 10,45 fois. Une hypothèse est que les investisseurs institutionnels auraient déserté les valeurs défensives au profit des cycliques et des financières, qui ont énormément rebondi depuis un mois (+32,63% pour BNP Paribas par exemple).
Auguste a traité le cas de GDF-Suez, donc je vais traiter selon la même approche l’allemand E.ON (EOAN). Pour rappel, l’approche est issue du livre L’investisseur intelligent de Benjamin Graham.
Approche défensive de Benjamin Graham
Critère de taille
Pas moins de 400 $M de CA et 200 $M d’actifs. Ces chiffres sont réévalués de l’inflation US depuis 1973, soit environ 400%.
E.ON en 2008 : CA = 86,753 Md€, capitaux propres = 38,427 Md€.
Solidité financière
Une situation financière bien assise : une dette qui ne dépasse pas deux fois les capitaux propres.
E.ON en 2008 : 41,058 $Md (cumul des dettes financières courantes ou non), soit 1,06 fois les capitaux propres.
Régularité des résultats
Un RN positif depuis dix ans au moins : oui sur les cinq dernières années (l’historique sur Boursorama ne va pas plus loin).
Régularité des dividendes
Paiement d’un dividende sur les vingt dernières années : oui sur les huit dernières années (l’historique sur le site d’E.ON ne va pas plus loin).
Croissance des résultats
Croissance des résultats d’au moins un tiers au cours des dix dernières années en faisant la moyenne des trois premières et dernières.
Là encore, il faut faire avec l’historique de Boursorama, mais le CA est passé de 44,745 Md€ en 2004 à 86,753 Md€ en 2008. Néanmoins, le chiffre est faussé par d’importantes acquisitions en Italie en 2008. Toutefois, en 2007, le CA est déjà de 68,731 $Md, soit 54% d’augmentation par rapport à 2004.
PER modéré et inférieur à 15 sur les trois dernières années
Je préfère transformer ce critère, en inférieur à 15 sur les prochaines années.
C’est le cas d’après les prévisions des analystes sur Boursorama : PER 2008 = 7,12 ; PER 2009 = 7,84 ; PER 2010 = 7,03.
Price to Book raisonnable
Le prix de l’action ne doit pas dépasser 1,5 fois les capitaux propres.
E.ON capitalise 46,123 Md€ pour 38,427 Md€ de capitaux propres, soit un ratio de 1,2.
Rendement supérieur aux obligations de qualité
Le résultat par rapport au cours de l’action doit être supérieur au rendement des obligations d’entreprises AAA à 30 ans.
Aujourd’hui, le rendement des obligations d’entreprise AAA à 20 ans est 6,76%. Le chiffre sur 30 ans n’est pas communiqué par Yahoo! Finance. Le dividende % d’E.ON est de 7,01% et son rendement (= l’inverse du PER) est de 14%.
Conclusion
Déjà, en se limitant aux sites gratuits, pour les valeurs européennes, on a bien du mal à vérifier les critères pourtant simples de Graham compte-tenu de la pauvreté de l’historique des informations comptables disponibles. C’est dommage quand je vois les historiques sur dix ans disponibles gracieusement sur MorningStar US. Cela encourage à privilégier les investissements à l‘étranger plutôt que les investissements nationaux.
En se limitant aux chiffres les plus-basiques, on voit qu’E.ON capitalise 53% de son CA 2008 contre 63% pour GSZ ; en terme d’endettement, 41,058 Md€ de dettes financières pour E.ON contre 38,800 Md€ pour GDF SUEZ.
D’après Boursorama, le plus gros actionnaire d’E.ON est Allianz qui détient une participation de 9,6%. Les autres ne sont pas listés. Le plus gros actionnaire de GSZ est l’Etat français, avec 35,70% et un peu plus, si on ajoute la Caisse des Dépôts et Consignations. J’attache de l’importance à ce critère, souvent gage d’une bonne gouvernance, de par la diversité des actionnaires.
GSZ paye son dividende en deux fois contre une fois pour E.ON. E.ON comme GSZ semblent des opportunités d’achat.
"Une bourse d’or me paraît toujours un argument sans réplique." – Pierre Augustin Caron de Beaumarchais




